Avis aux Libanais souhaitant émigrer au Canada : Ottawa serre la vis.

En matière d’immigration, le gouvernement canadien a clairement décidé de serrer la vis. Alors que lundi, la presse canadienne rapportait que le gouvernement a retiré à une famille libanaise la citoyenneté canadienne et lui a infligé une amende de 63.000 dollars pour fraude, de nouvelles mesures entrent en vigueur.

Selon le National Post, cette famille libanaise, composée du père, de la mère et de leurs deux filles, a signé les formulaires de citoyenneté affirmant avoir vécu au Canada les quatre années précédant l’obtention de la citoyenneté, alors qu’elle se trouvait effectivement aux Émirats arabes unis. Et le cas de cette famille n’est qu’un début, note le quotidien canadien, qui souligne que les autorités ont 11.000 personnes dans le collimateur pour le même type de fraude. « La nationalité canadienne n’est pas à vendre. Le gouvernement canadien prend des mesures pour retirer la nationalité à ceux qui l’auraient obtenue de manière frauduleuse », avertit en outre Nancy Caron, porte-parole au ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration.

Carole Chelhot, membre du barreau du Québec, nous envoie le texte suivant, qui explique les modifications en matière de citoyenneté et d’immigration.

Ces modifications entreront en vigueur le 1er août 2014.

Les principales réformes

Renforcer la valeur de la citoyenneté canadienne
Le gouvernement canadien veille à ce que les demandeurs de la citoyenneté entretiennent des liens étroits avec le Canada. En conséquence, les modifications à la loi sur la citoyenneté soulignent clairement que la période de « résidence » donnant droit à la citoyenneté nécessite une présence effective au Canada et non une simulation de résidence ou encore une exemption de résidence pour quelque motif que ce soit.

De plus, un plus grand nombre de demandeurs, ayant droit à présenter une demande de citoyenneté canadienne, seront désormais tenus de répondre aux exigences linguistiques et devront se soumettre à un examen desconnaissances linguistiques pour s’assurer qu’ils sont mieux préparés à participer pleinement à la société canadienne.

De nouvelles dispositions aideront également les personnes affichant des liens étroits avec le Canada, notamment en accordant automatiquement la citoyenneté à davantage de « Canadiens dépossédés de leur citoyenneté » nés avant 1947, ainsi qu’à leurs enfants nés dans la première génération à l’extérieur du Canada.

Sévir contre la fraude en matière de citoyenneté
La nouvelle loi sur la citoyenneté prévoit des sanctions plus sévères en cas de fraude et de fausses déclarations, soit une amende maximale de 100 000 $ ou une peine de cinq ans de prison, ou les deux, et davantage de motifs justifiant le refus d’une demande de citoyenneté, comme la criminalité à l’étranger, ce qui permettra de renforcer l’intégrité du programme.

Protéger et promouvoir les valeurs et les intérêts canadiens
Enfin, les modifications permettent au Canada de révoquer la citoyenneté à des personnes affichant une double nationalité qui sont reconnues coupables de terrorisme, de haute trahison ou d’espionnage ou qui se battent contre le Canada. Les résidents permanents qui commettent ces actes ne pourront pas accéder à la citoyenneté.
Afin de reconnaître les contributions importantes des militaires qui servent le Canada, les résidents permanents qui sont membres des Forces armées canadiennes pourront accéder plus rapidement à la citoyenneté canadienne. La loi énonce également que les enfants nés ou adoptés à l’étranger de parents fonctionnaires de la Couronne pourront transmettre la citoyenneté canadienne aux enfants qu’ils ont ou qu’ils adoptent à l’étranger.

En conséquence:

Les candidats à la citoyenneté devront être effectivement présents au Canada, à titre de résident permanent du Canada, pendant un total de quatre ans au cours des six dernières années . En outre, ils devront être physiquement présents au Canada pendant au moins 183 jours par année pour au moins quatre de ces six années. Ces dispositions entreront en vigueur aux alentours de juin 2015.

Quant aux modifications à la loi sur l’Immigration et la protection des réfugiés

Immigration illégale : Un Québécois plaide coupable.

ACKMAN, États-Unis – Un Québécois a plaidé coupable d’avoir voulu faire entrer illégalement sa femme, citoyenne brésilienne, aux États-Unis plus tôt ce mois-ci.

Les documents de cour montrent que Pierre Poulin, âgé de 40 ans, a utilisé un véhicule tout-terrain pour amener sa femme dans un secteur boisé près de la frontière du Canada avec les États-Unis. Il s’est ensuite rendu au poste de Jackman, point d’entrée au Maine, avec l’intention de retourner la chercher.

Le fait que Pierre Poulin eut soutenu voyagé seul, tout en ayant en sa possession le passeport de son épouse, a éveillé les soupçons des douaniers. Les agents ont retracé la femme près de la frontière.

L’avocat américain de Pierre Poulin, David Bate, a affirmé croire, malgré le plaidoyer, que les accusations contre son client sont trop sévères. Le résidant de Saint-Martin, dans la région de Chaudière-Appalaches, risque dix ans de prison et une amende de 250 000 $.

Immigration : Plus difficile de devenir Canadien.

OTTAWA-La chasse aux fraudeurs a considérablement engorgé le processus d’attribution de la citoyenneté au Canada, de sorte que le nombre de demandes accordées a chuté de 50% depuis 2006, année où le Parti conservateur a pris le pouvoir au pays.

Selon des données obtenues par La Presse en vertu de la Loi sur l’accès à l’information, 260 804 demandes ont été approuvées en 2006, contre 128 977 en 2013. La baisse a été continue jusqu’en 2012 (113 148 citoyennetés accordées), à l’exception d’une remontée en 2011 (181 421). Une légère hausse amorcée en 2013 pourrait se poursuivre en 2014, selon les données préliminaires.

Derrière ces chiffres se cache une réalité complexe qui se traduit pour de nombreux candidats par des démarches ardues et souvent confuses. Ce fut le cas pour Eileen Finn, qui habite au Canada depuis 2004. Le long processus qui a précédé l’obtention de sa citoyenneté, à la fin du mois de mai 2014, a laissé un goût amer à cette Américaine d’origine, qui avait jusque-là une image positive de son pays d’accueil.

«Si le gouvernement croit que la citoyenneté est quelque chose d’important, il faut un processus efficace et transparent avec des mécanismes d’imputabilité, ce qui enverra le message que le respect est une valeur importante pour le Canada. Le message que le Canada envoie est que nous ne sommes pas les bienvenus», explique la femme de 38 ans, dont le mari et la fille sont canadiens.

Eileen a entamé ses démarches pour obtenir la citoyenneté canadienne en 2011. Les choses se sont corsées le jour où elle a reçu un questionnaire de résidence, en novembre 2012. Chaque année, ce questionnaire, destiné à lutter contre la fraude, est envoyé à plus de 20% des demandeurs – ce qui rallonge le temps d’attente d’au moins un an. Les critères qui justifient son envoi semblent toutefois aussi vagues que les directives contenues dans ce questionnaire.

«Si on trouve que vous avez beaucoup voyagé et surtout dans des pays moins recommandables, on vous envoie ce questionnaire avec des demandes assez hallucinantes sur tout ce que vous avez fait, avec des preuves qui remontent jusqu’aux cinq dernières années, explique Mireille Paquet, spécialiste des politiques d’immigration et d’intégration à l’Université Concordia. »

«Depuis quelques années, Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) a mis les freins [aux demandes] et scrute toutes les applications, tous les documents et le système est engorgé par des milliers d’enquêtes, ajoute l’avocat spécialisé en immigration Guidy Mamann. Maintenant, tout le monde est suspect jusqu’à preuve du contraire.»

Hausse des demandes de citoyenneté

CIC refuse de commenter la baisse du nombre d’attributions de citoyenneté. Sonia Lesage, porte-parole de CIC, précise toutefois que le nombre de demandes de citoyenneté a augmenté de 30% depuis 2006. Selon les données du CIC, 333 860 demandes ont été envoyées en 2013.

Au-delà de l’attente, c’est surtout la difficulté à obtenir des explications précises qui a exaspéré Mme Finn. Elle devait envoyer un document appelé «relevé de déplacement». Mais personne chez CIC n’était en mesure de lui dire ce qu’était ce relevé et le délai variait de 45 jours à 45 jours ouvrables, selon les agents.

«On parle de documents que je devais demander à mon médecin, à mon dentiste, à la garderie de ma fille, à la RAMQ… ça prend du temps et le délai accordé est un détail important, déplore-t-elle. En plus, on me disait que si j’envoyais mes documents en retard, ils allaient présumer que je ne voulais pas vraiment devenir canadienne.»

Afin d’aider ceux qui vivent cette expérience et pour mettre en commun les informations, Eileen Finn a créé l’Association des futurs Canadiens, en janvier 2013.

Une certaine confusion

Adil Charkaoui a obtenu la citoyenneté canadienne.

Longtemps soupçonné par le gouvernement fédéral d’être un agent dormant d’Al-Qaïda, Adil Charkaoui est devenu jeudi un citoyen canadien à part entière, 19 ans après son arrivée au pays.

D’origine marocaine, Adil Charkaoui vivait jusqu’à présent sous le statut de résident permanent. Sa demande de citoyenneté canadienne remonte à 1999. Elle a finalement abouti jeudi dernier, avec une cérémonie officielle dans les locaux montréalais de Citoyenneté et Immigration Canada.

Joint par le Journal de Montréal, Adil Charkaoui se disait satisfait de l’obtention de son nouveau statut, et de tout ce qu’il représente.

«Si ça avait un gouvernement canadien de gauche ou de centre gauche, je n’aurais pas été aussi étonné. Mais là, j’ai été agréablement surpris par ce dénouement. On pensait qu’on allait devoir se battre devant les tribunaux», a-t-il indiqué.

En tant que nouveau citoyen du pays, Adil Charkaoui a reçu une lettre officielle du premier ministre Stephen Harper. «Elle dit: ‘‘j’ai l’immense honneur de vous accueillir dans la grande famille canadienne’’», cite Adil Charkaoui.

«Erreurs monumentales»

La Coalition Justice pour Adil Charkaoui considère que l’octroi de la citoyenneté canadienne est «une admission définitive par le Canada que les deux «certificats de sécurité» que M. Charkaoui a contestés avec succès en 2007 et en 2009 furent des erreurs monumentales d’utilisation d’un processus fondamentalement injuste, raciste et islamophobe».

Adil Charkaoui poursuit toujours le gouvernement fédéral devant les tribunaux et lui réclame 26 millions $ en dédommagement de ses précédentes arrestations et incarcérations.

Le Canada, ami indéfectible de l’Ukraine.

De passage à Londres cette semaine, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, s’est empressé de réitérer la position favorable et sans équivoque du Canada à l’égard de l’Ukraine. Celui-ci a exigé une enquête indépendante sur la tragédie qui a fauché la vie des 298 passagers du vol MH17 de la compagnie aérienne Malaysia Airlines. Il menace d’imposer des sanctions supplémentaires à plusieurs individus, sociétés et oligarques russes. Bien que le Canada se garde d’accuser Vladimir Poutine d’avoir permis ce massacre, le ministre Baird le condamne d’avoir armé les dissidents prorusses et, de facto, de les soutenir dans leur rébellion. Il somme Poutine de réparer ces dégâts.

Cet appui en faveur de l’Ukraine s’inscrit dans une longue tradition canadienne. L’immigration ukrainienne a commencé au pays vers 1890. Agriculteurs émérites, ceux-ci choisissent l’Ouest canadien et ses grandes prairies comme terre d’adoption. Durant la Première Guerre mondiale, la loi canadienne sur les mesures de guerre leur fait vivre une période noire. La méfiance du gouvernement envers ceux qui possédaient la citoyenneté austro-hongroise a valu à 5 000 Ukrainiens d’être injustement internés.

Cette injustice fut publiquement reconnue par Paul Martin en 2005 et suivie d’une promesse de 2,5 M$ afin que le souvenir de cette triste période de l’histoire canadienne soit inscrite à tout jamais dans notre mémoire collective. Fait à noter, le gouvernement actuel, au pouvoir depuis 2006, n’a jamais versé l’argent, laissant un goût amer à la communauté qui s’était battue durant plusieurs années pour une reconnaissance publique. En 1991, le Canada fut un des premiers pays à reconnaître l’indépendance de l’Ukraine. En 2006, les parlementaires canadiens votaient un projet de loi reconnaissant la grande famine ukrainienne de1 932 comme un génocide fomenté par le régime stalinien.

En toute cohérence, notre cheminement fait du Canada un allié indéfectible de cette communauté de plus d’un million deux cent mille personnes partageant les mêmes valeurs démocratiques, de souche religieuse catholique, très impliquées dans toutes les sphères de notre société. Mais leur appui politique traditionnel va à gauche, soit pour le NPD ou pour les libéraux. Il n’est donc pas surprenant que les dernières sorties publiques du ministre Baird soient électoralement intéressantes pour la politique interne du gouvernement Harper.

Adil Charkaoui devient citoyen canadien.

Plus de 19 ans après son arrivée au Canada et de multiples épreuves judiciaires, le Montréalais Adil Charkaoui affirme avoir obtenu sa citoyenneté canadienne.

La Coalition justice pour Adil Charkaoui, qui annonce la nouvelle, parle d’une victoire. Elle estime que la citoyenneté accordée à Adil Charkoui constitue une « admission définitive d’Ottawa », que les deux certificats de sécurité émis contre lui furent « des erreurs monumentales » et un processus « fondamentalement injuste ».

Contacté par ICI Radio-Canada.ca pour confirmer l’information, Citoyenneté et Immigration Canada a refusé de commenter le cas de M. Charkaoui. « En raison des lois sur la protection des renseignements personnels, nous ne pouvons pas vous fournir de détails sur les cas individuels », nous a-t-on répondu.

Rappelons qu’Adil Charkaoui, soupçonné d’entretenir des liens avec Al-Qaïda, a contesté jusqu’en Cour suprême du Canada la validité de deux certificats de sécurité dont il a fait l’objet et qui lui ont valu la prison et d’importants démêlés avec la justice. La Cour fédérale et la Cour suprême lui ont donné raison (en 2007 et 2009), ce qui a conduit à la révocation de ces certificats.

« Pour Adil et sa famille, il est impossible d’oublier les années de séparation et d’emprisonnement et les conditions draconiennes de détention à domicile et de surveillance électronique et physique qui lui ont été imposées ainsi qu’à toute la famille, en plus des terribles allégations diffusées dans le monde entier. »— Coalition justice pour Adil Charkaoui

Originaire du Maroc, Adil Charkaoui a été arrêté en mai 2003 en vertu d’un certificat de sécurité. Il était soupçonné par les services de sécurité canadiens d’être lié au réseau terroriste Al-Qaïda. Incarcéré pendant 21 mois, il a été remis en liberté en 2005 par un juge de la Cour fédérale, qui lui a néanmoins imposé de strictes conditions, dont le port d’un bracelet électronique.

Le certificat de sécurité délivré contre lui a été révoqué depuis.

En septembre 2009, après que la Cour fédérale eut levé les dernières conditions de remise en liberté qui lui étaient imposées, M. Charkaoui a réclamé des excuses officielles du gouvernement canadien, qu’il n’a pas obtenues. Il avait également estimé avoir droit à un dédommagement pour les « années de souffrance » qu’il a vécues.

L’Ouest canadien: moins d’immigrants en Colombie-Britannique.

Depuis 2013, le visage de l’immigration dans l’Ouest canadien a résolument changé. Selon une étude de Canada West Foundation**, pour la première fois, c’est l’Alberta qui affiche le plus grand nombre d’immigrants choisissant de s’installer dans l’ouest du Canada.

L’Alberta a rattrapé la Colombie-Britannique comme étant la destination de prédilection du Canada occidental pour les nouveaux arrivants.

Quelques chiffres

D’après le dernier bulletin économique trimestriel de Canada West Fondation, on apprend qu’entre le milieu et la fin des années 1990, 70% des immigrants du Canada occidental (réunification familiale, immigration économique ou immigration en tant que réfugié) étaient recensés en Colombie-Britannique (principalement à Vancouver et sa région). Cependant, depuis les années 2000, l’immigration internationale en Colombie-Britannique a stagné au profit de l’immigration provinciale (les habitants d’autres provinces du Canada viennent s’y installer).

Les statistiques fédérales montrent que ce changement de tendance en faveur de l’Alberta et des deux autres provinces de l’Ouest canadien (le Manitoba et le Saskatchewan) a commencé en 2005.

La croissance de l’immigration a au cours de la dernière décennie augmenté de 570% dans la province du Saskatchewan, de 188% au Manitoba et de 144% en Alberta.

Au cours de la même période, le nombre d’immigrants a seulement augmenté de 6,4% en Colombie-Britannique. En 2012, 36 242 nouveaux arrivants ont atterrit dans cette province comparé aux 54 584 qui se sont installés dans les trois provinces que sont l’Alberta, le Manitoba et le Saskatchewan, -plus communément appelées la région des Prairies- qui ne cessent d’attirer les immigrants.

La Colombie-Britannique : en perte d’immigrants

Malgré ses paysages magnifiques et son climat plus tempéré (il y fait doux et il ne neige que très peu l’hiver), la Colombie-Britannique a moins le vent en poupe qu’auparavant…

Ceci est principalement dû aux contraintes fédérales imposées à la Colombie-Britannique sur le nombre de travailleurs qualifiés qu’elle peut accepter conformément à son programme d’immigration provincial. La baisse d’immigrants de la province a surtout eu lieu dans cette catégorie d’immigration. L’Alberta a été soumise aux mêmes contraintes, mais son programme provincial accepte plus d’immigrants sélectionnés sur des critères différents de ceux de la Colombie-Britannique.

Il faut aussi souligner que le programme d’investisseur-immigrant récemment supprimé par le gouvernement du Canada avait été gelé au cours des deux dernières années alors qu’il attirait beaucoup de candidats vers la Colombie-Britannique. On rajoutera également la légère décroissance du PIB de la province qui n’a augmenté que d’1,5% en 2012, affichant une croissance encore plus lente l’année d’après. En effet, en 2013, il n’y a que la Nouvelle-Ecosse qui présentait le pire taux de création d’emploi au Canada, suivi de la Colombie-Britannique…

De plus, les salaires n’ont pas beaucoup augmenté en Colombie-Britannique. Selon le rapport de Canada West Foundation, le salaire moyen par semaine atteignait 877$ en 2013, taux inchangé durant l’année entière accompagné d’une inflation négative dans la province.

Portes ouvertes aux avocats étrangers.

Le gouvernement du Canada a annoncé que la profession d’avocat était prioritaire pour la reconnaissance des titres de compétences étrangers pour attirer plus de nouveaux arrivants…

Le ministre de l’Emploi et du Développement social, Jason Kenney, et le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada, Chris Alexander, ont annoncé que le gouvernement du Canada améliorera la reconnaissance des titres de compétences étrangers pour dix professions prioritaires dans les domaines des métiers spécialisés et des soins de santé.

La profession d’avocat fait partie de cette liste en plus des géoscientifiques, charpentiers, électriciens, techniciens et opérateurs d’équipement lourd, soudeurs, audiologistes et orthophonistes, sage­ femmes set psychologues.

Le ministre Kenney a indiqué que ces professions ont été sélectionnées parce qu’elles sont en demande dans certains secteurs et régions du pays. « La création d’emplois, la croissance économique et la prospérité à long terme sont les plus grandes priorités de notre gouvernement. Nous sommes conscients que les nouveaux arrivants qualifiés nous aident à combler les pénuries de travailleurs dans des professions clés et contribuent dans une mesure notable à la prospérité économique du Canada.»

Ces professions bénéficieront d’un cadre national visant à simplifier la reconnaissance des titres de compétences étrangers. Des normes de service ont été établies afin que les compétences des personnes formées à l’étranger puissent être évaluées dans un délai maximum d’un an.

« Pour veiller à ce que l’immigration continue de soutenir notre prospérité future, notre gouvernement bâtit un système d’immigration plus rapide et plus souple afin que ce pays attire les nouveaux arrivants les mieux en mesure de contribuer à leur collectivité et à l’économie canadienne tout en aidant à combler les besoins du marché du travail canadien. », a pour sa part déclaré le ministre Alexander.

En Algérie, Rafik prépare son départ pour le Québec, sans retour.

Le Québec fait face à un afflux de demandes d’immigration venues d’Algérie. Ainsi, depuis 2009, Rafik, 39 ans, se prépare dans le plus grand secret à émigrer avec sa femme et ses deux enfants.

Rafik fait partie des millions d’Algériens qui ont préféré ne pas aller voter pour la présidentielle, le 17 avril 2014. « Si l’Algérie était en de bonnes mains, ce serait un paradis. Mais on ne peut rien faire contre le système. » Taraudé par de sombres pensées, Rafik finit par lâcher :« Je vais vous faire une confidence. J’en suis arrivé à détester ce pays. »

« CE N’EST PAS ÇA LA VIE »

Et il liste tout ce qu’il ne supporte plus, « les pots-de-vin pour le moindre document administratif, les heures de queue à la banque pour retirer sa paie et le guichetier qui n’en donne que la moitié parce qu’il n’y a pas assez d’argent pour tout le monde, l’obligation de recourir au marché noir pour acheter des euros, les jeunes en prison pour avoir critiqué le président Bouteflika, le quotidien sans loisirs et les femmes qui ne peuvent plus sortir dès la nuit tombée »

« Les cafés réservés aux hommes, ce n’est pas ça, la vie. On est toujours sur nos gardes, on souffre du regard des autres. » Depuis son adolescence, l’idée de partir l’accompagne au quotidien. « Enfant, j’ai voyagé, j’ai vu comment l’on vivait en France, en Italie, en Espagne… »

« LE QUÉBEC FAVORISE LES COUPLES ET LES FAMILLES »

Alors, Rafik expose son plan d’évasion. À 39 ans, avec une femme et deux enfants, il ne veut pas être un de ces « harragas », « ces brûleurs de frontière » qui optent pour l’immigration clandestine. Il veut sortir officiellement par la grande porte. Et vise le Québec « qui reste un pays d’accueil ». Rafik a embauché un conseiller en immigration pour mettre toutes les chances de son côté, pour se constituer le meilleur dossier possible.

Aujourd’hui, il travaille comme superviseur dans une entreprise de nettoyage et est, en guise de deuxième métier, chauffeur de taxi. « Mais j’ai une formation de plombier, c’est un métier demandé. » Ses enfants ajoutent des points à son dossier : « Le Québec favorise les couples et les familles. » Mais ses espoirs reposent surtout sur sa femme, plus qualifiée, qui est donc la requérante principale : « Elle est encore plus motivée que moi ! »

Immigration : Un passeport talent pour rendre la France plus attractive.

IMMIGRATION – Le projet de loi sur l’immigration présenté ce mercredi par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve prévoit une série de mesures pour renforcer l’attractivité de la France auprès des étrangers hautement qualifiés…

Outre la création d’un titre de séjour pluriannuel et la lutte contre l’immigration illégale, le texte relatif au droit des étrangers présenté ce mercredi prévoit la création d’un «passeport talent», censé booster l’attractivité de la France. Jean-Christophe Dumont, chef de la division des migrations internationales à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), analyse ces dispositions pour 20 Minutes.

La France est-elle à la traîne en matière d’attractivité?

Les pays de l’OCDE ont depuis une dizaine d’années été assez actifs en matière de politique migratoire pour attirer les hauts qualifiés et accueillir les étudiants étrangers. En France, il y a eu cette tentative avec la mise en place de la «carte compétence et talents» en 2007. Le problème, c’est que ses critères d’attribution sont si restrictifs qu’elle est attribuée à moins de trois cents personnes chaque année.

Ce projet de loi montre la volonté d’ouverture de la France. Les démarches administratives à accomplir vont être facilitées. Jusqu’à présent, il n’y avait pas eu en France de politique spécifique pour vraiment attirer les talents étrangers sur le territoire, qui lui préfèrent d’autres pays, comme le Royaume Uni ou le Canada. De plus, ce manque d’attractivité s’explique par la situation économique et le marché du travail moroses en France. Lorsque des étrangers souhaitent tenter leur chance dans un autre pays, la France n’est pas leur priorité. Le manque d’attractivité ne s’explique pas que par la politique migratoire.

Le pays a-t-il vraiment besoin de ces talents étrangers?

Le système éducatif français produit beaucoup de hauts qualifiés, qui émigrent peu. Les besoins de la France en la matière sont plus faibles que chez les voisins anglais ou allemands par exemple.

Concernant les postes hautement qualifiés, la notion est un peu floue. La réflexion ne se fait pas en termes de pénurie ou de vacances d’emplois, parce que ce n’est pas le cas. Mais ces profils restent malgré tout intéressants pour la France. Par exemple, si une entreprise française en recherche et développement n’a pas forcément un besoin impérieux de recruter, compter dans ses rangs des chercheurs étrangers insuffle une dynamique nouvelle en mobilisant des talents qui viennent de l’hexagone et de l’extérieur. Il y a un effet d’entraînement qui peut créer de l’innovation.